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JOJO
Grâce à Serge Lecordier d'Atuona,
nous savons que "JOJO" est un Beechcraft Twin-Bonanza modèle D50 construit en 1956 (dans
les ateliers de Wichita Kansas) et porte le numéro de série DH5.
Motorisé de deux six cylindres
Lycoming GO 480 de 295 CV chacun, équipés de réducteurs et de compresseurs.
A la vitesse de croisière de
160 kts IAS, ils consomment 27 gallons/heure, l'avion peut emporter 180
gallons.
Les carburateurs sont équipés de capsules barométriques, qui règlent automatiquement la richesse du mélange en fonction de l’altitude.
La première trace de cet appareil nous vient de Roy M Jones, un Texan qui en a été le dernier propriétaire américain sous l'immatriculation "N4950B" :
Moi, Roy Jones, ai trouvé ce Beechcraft Twin Bonanza N4950B sur un petit aéroport situé à environ 50 miles à l'est d' Austin, Texas dans les mid-70’s. Je ne me souviens pas de la date exacte. J'ai contacté le propriétaire et nous avons conclu le marché. Je me souviens bien du vol vers l'aéroport Lowman Field de San Marcos, Texas, situé juste au sud de la ville, à l'Est de la Route I-35 qui remonte de San Antonio vers Austin, Dallas (ndlr : Fort Worth) et ensuite en Oklahoma. Je gérais cet aéroport et à ce moment, je possédais plusieurs Twin Bonanza; je ne me souviens donc plus exactement des vols que j'ai effectués sur le 50B
J'ai quelques photos prises lorsque je l'ai acheté. Je ne me souviens pas qu'il n'avait quoique ce soit de spécial, à part ses deux portes, celle (classique) stuée au dessus de l'aile, et la seconde, l'escalier "Swearingen" derrière l'aile droite. Il avait également une banquette sur la gauche du compartiment arrière et deux sièges sur la droite de ce même compartiment. Après le banquette, il y avait aussi un coffre aménagé en siège complémentaire. A l'avant, trois sièges pour le pilote, copilote et un passager, celà faisait huit places, ce qui était différent des autres Twin Bonanza qui n'avaient que six sièges.

Nous avons fait quelques vols locaux avec le 50B, avons revu l'équipement radio, et un ami localisé sur le petit aérodrome de Beaumont, Texas, l'a utilisé un peu. Ensuite, je l'ai conduit à Mena, Arkansas, chez "Gooder Frères" qui ont refait toute la décoration, intérieur rouge et extérieur rouge et or sur fond blanc, tel qu'il est repeint aujourd'hui.
Je me souviens qu'après cette rénovation, mon ami de Beaumont est parti avec des clients pour un voyage d'une semaine dans le Colorado, les huit sièges étaient occupés. Peu de temps après le décollage,au cours de la montée , l'hélice droite s'est détachée du moteur. Ils sont revenus à Beaumont sans problème, et on a retrouvé l'hélice dans un champ. Nous avons entièrement révisé le moteur et l'avons réinstallé avec une nouvelle hélice.
Je ne me souviens pas personnellement de la transaction, mais je pense qu'un de mes amis, vendeur d'avions en Caroline du Sud l'a vendu à Jacques Brel pour mon compte. Tout ce que j'ai sû à l'époque, c'est qu'il partait vers un archipel étranger.
Voici quelques photos prises lors de l'achat de l'avion, et après sa redécoration.
Roy M Jones



Serge Lecordier nous a aussi raconté ce qu'i est advenu de JOJO à son arrivée à Tahiti :
Le Twin Bonanza a été importé des USA en octobre 1975
par la Société TATS, Tahiti Air Tour service, appartenant à Mr Michel BRUN
, pour le compte d'un jeune pilote privé Mr Béné
Richmond. L'avion lui servira à ravitailler le marché de Papeete en produits
frais depuis l'exploitation d'une entreprise familiale de pêche et
d'agriculture.
Le 30 novembre 1976, la compagne de Jacques Brel, Madly Bamy achète l'avion.
Le rédacteur d'un autre blog ( http://tahitinui.blog.lemonde.fr/2007/01/28/jojo-lavion-de-jacques-brel ), qui cite cette page, ajoute ces précisions importantes :
Le 30 novembre 1976, la compagne de Jacques BREL, Madly BAMY, achète l’avion que Brel baptisera « JOJO » en hommage à son meilleur ami Georges PASQUIER décédé. Après de nombreuses difficultés techniques sur l’appareil, Brel obtiendra enfin les autorisations de vols. Il utilisera son avion jusqu’à son départ en juillet 1978, pour ses déplacements personnels mais surtout pour de nombreux passages à caractère humanitaire, les évacuations sanitaires. Il avait fait aménager l’appareil pour cela, c’est pourquoi le « JOJO » disposait d’un gyrophare rouge. Quel que soit le temps, dans la plus pure tradition de l’Aéropostale, il s’envolera, indifférent aux brusques et violentes tempêtes du Pacifique. Même lorsque la météo est au beau fixe, il prend des risques pour se poser dans l’île de UA POU, car la piste est excessivement dangereuse… Il s’agit d’un terrain improvisé, sans balisage, avec la montagne devant et sur les côtés ! De plus le terrain est en pente et légèrement courbé en bout ! Si on rate la manoeuvre, il est impossible de se représenter. « Je me flanque la trouille !» dit-il, en décollant et en atterrissant à UA-POU. Les habitants prendront vite l’habitude de cette merveilleuse chance que représente la liaison hebdomadaire que fait Jacques Brel. Car le « JOJO » apporte le courrier, les médicaments, les livres, en plus il prend gratuitement quelques passagers à chaque voyage.
Le 07 juillet 1978 Jacques
quitte les Marquises pour Paris, l'avion sera rapatrié sur Tahiti par le pilote
Jean François
LEJEUNE
Le 06 novembre 1978, peu de temps après le décès de
Jacques, Madly revend l'avion à la Société Tahiti Perles de Mr Robert WAN.
Celui-ci fera repeindre l'avion aux couleurs Française bleu blanc rouge.

A gauche, Jojo entre 1992 et 2003 aux couleurs de 1978/88
(auteur inconnu)
Après un peu plus de trois ans d'exploitation Mr WAN
revendra l'avion le 18 janvier 1982 à Mr Yves Tchen Pan, qui le fera voler pour
le compte de la Société Tuamotu Perles à Hikueru.
Je ne connais pas la photo de HAO de 1982, mais on pourrait penser qu'il a été
repeint à cette époque en blanc, mais curieusement en gardant les autres
couleurs? 
Ci-contre, « Jojo » sur l’aérodrome d’HAO en 1982
Photo provenant du site www.airliners.net
Copyright TripIET
Mr Tchen Pan créera la Société
Air Océania (disparue depuis) c'est
dans cette dernière que le Twin Bonanza terminera sa carrière.
Après son dernier vol le 25 octobre 1988, il sera parqué
dans des hangars, puis en extérieur. (Ndlr : sur l’aéroport de Tahiti
Faaa)
Fin 1992, il est voué à un exercice incendie pour les
pompiers de l'aéroport de Tahiti Faaa.
Étant président du Comité du Tourisme d'Atuona à l'époque, je suis intervenu pour sauver le "JOJO" de l'incendie et je serais entendu par Mr Mottard, Commandant de l'aérodrome,qui fera le premier pas.....ensuite ce sera une grande chaîne de solidarité d'inconditionnels de Jacques BREL qui fera le reste........... jusqu'au 03 octobre 2003.
Dans une seconde lettre, Serge nous explique comment, avec Bernard Bonzom, ils ont décidé de retaper "Jojo"
En fait, la restauration du JOJO s'est programmée à la suite d'une rencontre à hôtel Hanakéé que j'ai eu avec Bernard Bonzom, Technicien de chez DASSAULT en 2001. Celui-ci m'avait donné l'espoir qu'il arriverait à convaincre ses supérieurs. Peu de temps après je recevais un mail de Bernard, il avait réussit, maintenant, il fallait monter le projet.....soit un plus d'un an, avant que j'ailles les chercher, ils étaient trois, Bernard, Joêl, Serge, de chez Dassault, à venir bénévolement faire la restauration de JOJO. Il y aura aussi plusieurs bénévoles locaux avec moi pour aider le chantier.
Et Serge précise :
Pour conclure, quand Jacques avait fait acheter l'avion par Madly, celui-ci était aux couleurs Françaises. Après travaux, notamment la mise place d'un gyrophare rouge,Brel le fera repeindre aux couleurs Belges Jaune, rouge, noir. ( Ndlr : Nous savons maintenant que c'est en fait Roy M Jones qui est à l'origine des couleurs sous lesquelles Jacques a utilisé Jojo). C'est de cette couleur qu'il a été repeint en septembre 2003, pour son dernier vol ad vitam à 8 pieds "sur" terre.
Ci-contre Copyright Sylvain Girardot
Pour info: La navigation océanique Marquises-Tahiti exigeait un report au moins toutes les 30 minutes et par les
latitudes 14°13° 12° S. Le niveau de vol utilisé était le 90 ou le 100. Les
alizés dominent, soufflant du 060 à 080° 10-15kt. Les Marquises en direct de
Papeete ce sont 4H45 de vol en moyenne. Un peu plus long à l'aller vers le
Nord, Jacques se posait alors à Rangiroa pour reprendre du carburant.
J'espère avoir répondu à votre
attente, restant à votre disposition pour plus de renseignements;
Bien amicalement à vous,
SERGE
LECORDIER
ATUONA HIVA-OA
ÎLES MARQUISES
Merci
Serge, les amoureux de « Jacques Brel l’aviateur » vous seront
éternellement reconnaissants.
Sans oublier Eric
Olivier du Collège Sainte Anne d’Atuona qui m’a permis d’entrer en contact avec
vous
Merci aussi à tous ceux qui, par le biais du forum
PegaseTv m’ont aidé dans mes recherches.
Site d’hébergement : http://histoiresdavions.skynetblogs.be
Mon forum aéro preféré : http://www.pilotes-prives.fr/